Les lumières du Nord

« Je suis revenue de mon périlleux voyage au moins d’avril. Les raisons qui m’avaient poussé à prendre le large étaient déjà loin derrière, et je ne gardais en souvenir que ce que j’avais appris de ces longues semaines dans le Nord.

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Quand je suis retournée à Combe, là où ma quête avait commencé, beaucoup d’habitants étaient partis ou n’étaient plus. Les hivers sont rudes en Eriador, et lorsque le vent vient du Nord, les plus frêles ne peuvent survivre. J’avais vendu quelques flèches en os d’élan, mais je conservais soigneusement les peaux de bêtes que j’avais ramené. Il y avait des fines plumes, probablement de chouettes à en croire leur couleurs ; mais aussi des cuirs de cerfs, de dents-de-sabre ou encore de Mamuk Mammuts (des sortes de vaches, très grandes et au poil foncé très garni).

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J’avais également récupéré un arc très étrange. il était compliqué  manier dans les premiers temps, avec sa poignée rugueuse et sa forme biscornue. Il était plus lourd du côté droit, et une cordelette avait cédé lors du voyage retour. Mais il se trouve que j’ai fini par m’y habituer, et que j’ai souhaité le garder. Je ne sais pas exactement comment il a été fabriqué ; on repère quelques os d’élan de givre, et probablement du bois d’if, importé depuis l’Evendim. Le vieux Heb a essayé de me l’acheter pour un bon prix, mais je ne pouvais pas m’en défaire.

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Mon voyage a débuté au moins de janvier, je ne sais plus quelle date précisément. J’ai du partir dans la précipitation, et personne ne m’a vu quitter le village. Alors que les premiers flocons recouvraient mon manteau, j’ai repéré une bourgade depuis la route. J’y suis restée deux semaines. Les habitants ne parlaient pas tous le westron, et même ceux qui le faisaient, utilisaient des mots qui m’étaient inconnu. Mais malgré tout, le froid et les bêtes sauvages m’ont contraint dans un premier temps à m’établir ici un moment. Je ne l’ai pas regretté ; les Lossoths étaient très généreux et hospitaliers dans ce village – ce n’est pas le cas partout, j’en ai fait par la suite l’amère expérience.

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Je crois que c’est à cette époque que j’ai eu mon arc, et quelques vêtements adaptés au climat local. Je ne suis pas sûr d’être jamais allée autant au Nord, je ne sais même pas s’il existe des terres au-delà du Forochel. Mais c’est une contrée où le soleil meurt très vite, comme si le froid lui-même le chassait avant que la lune ne s’éveille. Si bien que, de jour comme de nuit, on ne pouvait difficilement progresser à travers l’obscurité, la neige et la glace.

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Il était presque difficile de quitter cette population, qui m’avait tant aidée et ravitaillée à mon arrivée. J’ai appris à pêcher dans les eaux gelées à leurs côtés, mais aussi à suivre la trace des grands ours et des petites créatures du froid. Ils me parlèrent des bêtes qui résidaient encore plus au Nord, et je ne les cru pas immédiatement. De grands chats aux longues dents, d’hommes morts ou presque morts qui marchaient la nuit sans bruit, de gigantesques créatures poilues et amicales. Bref, je parti un matin de ce petit village et mes aventures ne m’y conduisirent plus jamais. Pour l’instant.

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Il y eut une immense tempête à l’approche de Sûri-Kylä. Je dû faire halte pendant deux jours, dans un coin protégé semblable à une grotte. Le froid et les flocons ne pénétraient pas, mais j’entendais jour et nuit le hurlement du vent ; qui s’infiltraient par la porte, glissaient jusqu’à moi et s’immisçaient dans mes bottes. J’arrivais enfin à ma destination, la grande bourgade de Sûri-Kylä, bastion lumineux dans une glaçante et opaque nuit sans fin. J’ignore si le chef de la ville m’attendait, mais je fus escortée jusqu’à lui dès mon arrivée. Je me préparais à une embuscade, un piège ou n’importe quelle mésaventure…

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Il se trouve que rien de tout cela ne se produisit. Un Rôdeur avait précédé ma venue ; les Lossoths connaissaient désormais ma quête, et celui qui m’avait envoyé ici. Ils n’aimaient pas la couleur de ma peau, ni mon épée du Sud ; mais ils acceptèrent de m’aider. Ils commencèrent par m’apprendre l’existence des minerais qu’ils utilisaient ici, leur consistance si solide (probablement dû au froid) et la façon dont ils les forgeaient. C’était une sorte de fer, sombre et peu malléable. Ils forgeaient de splendides armures et des armes très convaincantes. J’appris le travail du fer, mais aussi du nickel et de l’argent pendant près d’un mois. Je découvris comment ils traitaient les peaux de bêtes pour que le cuir reste souple et résistant au vent et aux intempéries. Mais bien vite, je me rappela de ma tâche et pria le Chef de me donner son prix. Le Chef n’était pas un mauvais bougre, et il était grandement malin. Il avait compris la valeur de l’objet et préférait me dit-il, le vendre à son véritable propriétaire. Nous sommes convenus d’un prix raisonnable et je lui promis de transmettre son offre à Aranarth (qui l’aurait acheté de toute façon, peu importe le prix – mais je garda bien sûr cette réflexion pour moi).

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Lorsque je fus prête, les vieilles du village me parlèrent des étoiles et du ciel. Les légendes et les mythes anciens dans ces terres étaient toujours très prégnants, et je fis des efforts pour en écouter le plus grand nombre. Il se trouve que j’étais venue en partie pour cela. Ou du moins, pour découvrir ce qu’il était advenu d’une embarcation et de son équipage. C’était important pour les miens et ça allait bientôt être important pour l’ensemble des Peuples Libres. Les vieilles femmes connaissaient ce navire. Elles devinrent agitées et se mirent à parler toutes en même temps. L’un d’entre elle se mit à hurler, elle parlait du gel et de la glace, de fantômes et de malédiction.

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Je compris alors que j’étais restée trop longtemps. J’étais sur la bonne voie, les Lossoths de Sûri-Kylä me demandèrent de ne pas m’approcher de la baie et de la mer. Ils craignaient quelque chose, encore plus au Nord. Les vieilles femmes ne déliraient pas, pas tout à fait. Il s’était passé quelque chose l’année dernière, quelque chose de terrible dans les eaux du Forochel. Et je su à cet instant que je deviendrai bientôt porteur d’une effroyable nouvelle.

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Avant de partir pour le Nord-Ouest, les vieilles femmes du village m’offrirent une cape couverte d’étoiles. Elles me demandèrent de suivre les lumières, et de partir après la chute des étoiles. C’est ce que je fis. Sur la route, je croisa enfin ces bêtes mystérieuses dont j’avais tant entendu parler : des vers, des ours, de dents-de-sabre, des Mammuts et des gauradans, aberration de la nature.

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Les lumières me menaient au loin, je sentais que je me rapprochais indéniablement de l’eau et de ses ombres menaçantes. Je devais découvrir ce navire.

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Quelque chose de lourd et de ténébreux recouvrit bientôt le ciel, ou bien était-ce dans mon esprit. Je voyais des ombres qui n’étaient pas là, et des reflets dans l’eau qui n’existaient pas. Il y avait des oiseaux qui criaient et des créatures qui grognaient. Je commença à entendre les voix lorsque je quitta la route. C’était la deuxième semaine depuis Sûri-Kylä. Les voix étaient celles d’hommes, uniquement des hommes ; ils me demandaient de rejoindre la mer. C’est les lumières que je devais suivre, pas les voix. « Les lumières, me disais-je, pas les voix. »

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Je remarqua une nuit que ma cape, celle que les vieilles femmes m’avaient offerte, brillaient d’un étrange éclat. Aussi incroyable que cela puisse paraître, et il est fort probable que cela soit lié à mon état à ce moment-là, ma cape m’indiquait le chemin. Les lignes tracées entre chaque étoile me guidaient, et se mettaient à briller plus au moins fort en fonction de ma direction. Je savais que je devenais folle. Mais je me rattachais à cela, sans aucune autre conviction réaliste.

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Mes pas se faisaient lourds et même ma tenue chaude ne me protégeait plus. Je sentais des brûlures aiguës au bout de mes doigts, et l’air que j’expirai se figeait devant moi, comme instantanément gelé. Je perdis mon couteau de chasse en tombant dans un précipice. Je crois que c’est à cause de cette chute que je me tordis un orteil. Je ne sentais plus la douleur, et c’était une bonne chose. Soudainement, alors que je m’approchais du bord de mer, une lumière aveuglante envahit les étendues enneigées. A vrai dire, je cru que je perdais la vue à cet instant. La neige brillait d’un blanc bien trop éclatant, malgré un soleil timide. Clignant des yeux, je m’aperçus que j’avais atteint le rivage. D’imposants îlots de glace brisaient la ligne d’horizon. Pas une vague, pas un mouvement. Il y avait quelque chose dans la baie.

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Je l’avais trouvé. Mon soulagement fut à la hauteur de mon amertume. Les Lossoth avaient raison, il n’en restait rien… Rien que de malheureux souvenirs, un échec pour les Peuples Libres et la perte d’un dernier espoir. Je ramènerai avec moi tout ce qui avait été laissé sur place, mais la profondeur des eaux avait entraîné tout ce qu’il y avait de plus précieux. Nulle pierre et nul homme ne furent jamais retrouvés dans le naufrage du dernier Roi d’Arnor.  Et ma quête s’achèvera lorsque je reposerai les pieds à Imladris, débarrassée de ces images qui obscurcissent mon esprit et alourdissent mes pensées. Je sais que l’anneau sera bien conservé, mais j’ai un mauvais pressentiment pour l’Eriador. Voilà la fin de mes aventures dans le pays du Nord.

Puissent les Valar nous guider en ces sombres années.   »

  *Signature illisible*

3 Mai 1975, TA.

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Pour cette tenue, j’ai utilisé les pièces suivantes :

  • Masque inférieur de Dungost (ocre brun) -> Chasseur, niv. 65, Set Ost Dunoth. PNJ Harndirion, Enedwaith.
  • Spallières inférieures de Dungost (ocre brun) -> Chasseur, niv. 65, set Ost Dunoth. PNJ Harndirion, Enedwaith.
  • Cape de sage des cieux désenténébrés -> Récompense du raid du Trône de la Terreur, T2C, Boss 6.
  • Armure de cérémonie de Mammutti (ocre brun) -> Craft ferronier, niv 45. Requiert le statut d’ami des Lossoths du Forochel – recette à Sûri-Kylä.
  • Jambières de vigueur d’Ouistrenesse en cuir (blanc) -> Armure intermédiaire, niv. 49. Probablement looté en Angmar.
  • Bottes de cérémonie de Mammutti (ocre brun) ->  Craft ferronier, niv 45. Requiert le statut d’ami des Lossoths du Forochel – recette à Sûri-Kylä.
  • Grande épée de fantassin de Naillan -> Épée à deux mains, niv 37. Camp d’escarmouche, PNJ Armes.
  • Arc de recrue de Naillan -> Niv. 27. Camp d’escarmouche, PNJ Armes.

 

  • Cheval très recherché de la Toundra -> Monture de réputation des Lossoths du Forochel.

 

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